Le logo de l'usine Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône, le 29 juillet 2026 ( AFP / Sylvain THOMAS )
Le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a écarté jeudi l'option d'une nationalisation, même temporaire, de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence, basée à Saint-Gaudens (Haute Garonne), au lendemain d'un appel en ce sens de la région Occitanie.
De leur côté, à Saint-Gaudens, des dizaines de salariés de Fibre Excellence se sont rassemblés jeudi devant l'usine, en présence, entre autres, du député PS Joël Aviragnet ou du maire de la ville, Jean-Yves Duclos, pour demander notamment au président Emmanuel Macron de procéder par décret à une nationalisation temporaire, a constaté un journaliste de l'AFP.
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS), avait formulé cette demande mercredi par le biais d'une "prise de participation de l'Etat pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former", faute de solution immédiate de reprise de l'usine.
"La nationalisation, je suis pas sûr que ce soit la solution la plus pertinente", a réagi le ministre sur l'antenne de l'interview des "4 V", sur France 2, ajoutant que "temporaire, ça ne veut rien dire".
La région, qui a déjà attiré, par le biais de l'Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS), un groupe alsacien, la Soprema, pour constituer un "projet de consortium" destiné à redémarrer l'usine de Saint-Gaudens, demande une participation de l'Etat d'un montant de 15 millions d'euros "le temps qu'un industriel puisse se substituer aux acteurs publics".
Le ministre a indiqué chercher "depuis janvier" des repreneurs : "la Région s'est mise à chercher des repreneurs cet été, mais finalement, elle a contacté les mêmes que ceux que j'avais contactés au mois de mai, avec les mêmes résultats", a-t-il ajouté, se disant prêt à se "mettre autour de la table" pour évoquer l'avenir du site.
"J'ai l'expérience de ce que c'est qu'un territoire qui subit un accident industriel", a ajouté M. Martin, assurant qu'"on peut toujours rebondir", en prenant l'exemple de sa circonscription de Chalon-sur-Saône où "neuf usines sont sorties de terre", quelques années après la fermeture de l'usine Kodak, qui avait laissé "2.500 personnes sur le carreau".
"C'est faux, le gouvernement n'a rien fait" pour trouver un repreneur "et quand on en trouve, il nous met des bâtons dans les roues", a rétorqué le député PS de Haute-Garonne, dénonçant une "position idéologique".
"Les salariés sont révoltés par ce qu'ils ont entendu de la bouche d'un ministre. Nous avons des salaires réduits depuis le mois d'avril et il nous balaie d'un revers de la main", a réagi Nicolas Bruel, représentant CGT de l'usine.
"Pour sauver Fibre Excellence, la nationalisation temporaire est aujourd'hui une nécessité", a estimé jeudi sur X le député européen Place Publique Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche en vue de la présidentielle.
Le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, a annoncé sur X le dépôt d'une proposition de loi en ce sens.
Propriété du papetier indonésien Jackson Wijaya, la société Fibre Excellence, dernier producteur français de pâte à papier, a été placée en redressement judiciaire en avril. Ses deux usines, à Saint-Gaudens et Tarascon (Bouches-du-Rhône), ont été mises à l'arrêt.
Le 29 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire du site de Tarascon, qui employait 270 personnes.
Le sort de l'usine de Saint-Gaudens, comptant 270 salariés également, doit être examiné le 8 septembre par le tribunal de commerce.

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